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Actualités scientifiques

Autisme : les hormones masculines augmenteraient la prévalence chez les garçons

Existence de chevauchements entre 1) les effets des hormones masculines (testostérone et autres androgènes) sur des cellules souches neuronales,  et 2) les gènes et voies physiologiques impliquées dans le développement du cerveau et/ou 3) altérées chez les individus avec troubles du spectre autistique

Genes and Pathways Regulated by Androgens in Human Neural Cells, Potential Candidates for the Male Excess in Autism Spectrum Disorder.

Quartier A(1), Chatrousse L(2), Redin C(1), Keime C(1), Haumesser N(1), Maglott-Roth A(1), Brino L(1), Le Gras S(1), Benchoua A(2), Mandel JL(3), Piton A(4).

Biol Psychiatry 9 janvier 2018


20 février 2018

Les garçons sont touchés quatre fois plus que les filles par certains troubles du développement du système nerveux tels que les troubles du spectre autistique. Pourtant l’ensemble des mutations identifiées sur le chromosome sexuel X ne permet d’expliquer ce biais de sexe. Les travaux d’Angélique Quartier, réalisés sous la direction d’Amélie Piton et de Jean-Louis Mandel ont démontré que les hormones masculines, comme la testostérone et ses dérivés, en régulant des gènes importants pour le développement du cerveau, dont certains sont connus pour être impliqués dans les troubles du spectre autistique, augmenteraient la susceptibilité des garçons à développer ces troubles. Ces résultats sont publiés dans la revue Biological Psychiatry le 8 février 2018.

Les troubles du spectre autistique sont caractérisés par des déficits de communication sociale et des intérêts restreints et/ou des comportements répétitifs stéréotypés, souvent associés à une déficience intellectuelle. De nombreux travaux ont conclu que ces troubles sont beaucoup plus fréquents chez les hommes mais, de façon surprenante, les études génétiques menées jusqu’à présent ont montré que, s’il existait des gènes situés sur le chromosome X impliqués dans la déficience intellectuelle et les troubles autistiques, il n’y avait pas de différence significative entre les filles et les garçons au niveau du pourcentage de mutations sur ce chromosome. Il a également été montré qu’il existait une corrélation entre l'exposition prénatale aux hormones masculines, les androgènes, et le développement de traits autistiques. Le rôle de ces hormones pendant le développement du cerveau chez les hommes pourrait donc contribuer à accroître leur susceptibilité à développer des troubles du système nerveux tels que les troubles du spectre autistique ou la déficience intellectuelle.

 

Pour mieux comprendre comment les androgènes peuvent affecter le développement du cerveau, les chercheurs ont choisi d’étudier les effets de ces hormones masculines sur les cellules neuronales. En collaboration avec des chercheurs de l’I-Stem, ils ont analysé l’effet de ces hormones masculines sur des cellules souches neuronales humaines et observé que les androgènes augmentent la prolifération de ces cellules en les protégeant contre la mort cellulaire lors de leur différenciation en neurones.

Ils ont également mis en évidence que les androgènes régulent l’expression de plusieurs centaines de gènes dans les cellules souches neuronales humaines. Parmi ces gènes, certains sont connus pour être particulièrement exprimés dans le cortex cérébral, aussi appelée substance grise, d’individus atteints de troubles du spectre autistique.

L’effet des hormones masculines sur la régulation de la prolifération et de la survie des cellules souches neuronales humaines ainsi que sur la régulation de l’expression des gènes associés au développement du cerveau pourraient donc participer à la sensibilité accrue du cerveau masculin, exposé à d'autres facteurs génétiques et environnementaux, à développer une maladie du système nerveux, tels que les troubles du spectre autistique.


Cette étude a été financée par l’ANR (projet HARTaGeNe), par la Fondation pour la Recherche Médicale, le Collège de France, le LabEx INRT et l’IdEx..

 

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