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Actualités scientifiques

La bonne entente entre des cellules sanguines de différentes origines est cruciale pour un système immunitaire efficace

Glande lymphatique de drosophile marquée avec des anticorps ciblant les marqueurs hémocytaires Dot (magenta) et Srp (blanc). La GFP (vert) indique les cellules ayant exprimé Dot pendant leurs développements. Les noyaux des cellules sont marqués avec le DAPI (bleu). Crédits : Pierre Cattenoz, Claude Delaporte et Angela Giangrande.

Embryonic hematopoiesis modulates the inflammatory response and larval hematopoiesis in Drosophila.

Bazzi W(#)(1)(2)(3)(4), Cattenoz PB(#)(1)(2)(3)(4), Delaporte C(1)(2)(3)(4), Dasari V(1)(2)(3)(4), Sakr R(1)(2)(3)(4), Yuasa Y(1)(2)(3)(4), Giangrande A(1)(2)(3)(4).

Elife 11 juillet 2018


16 juillet 2018

Chez la mouche du vinaigre comme chez l’homme, les cellules du sang sont produites par des vagues successives durant le développement. Les chercheurs de l’équipe d’Angela Giangrande à l’IGBMC (CNRS / Inserm / Université de Strasbourg) ont constaté que l’interaction entre ces deux vagues est cruciale pour assurer une réponse immunitaire efficace. Une découverte importante sachant qu’une activité excessive du système immunitaire peut entraîner des maladies comme le cancer. Ces résultats sont publié le 11 juillet dans la revue eLife.

 

Chez la drosophile comme chez l’homme, les cellules du sang, appelées hémocytes chez la drosophile, sont produites en plusieurs vagues. La première vague a lieu dans l’embryon de la mouche pour produire les hémocytes de la larve. La seconde vague a lieu au début de la métamorphose, quand la larve se transforme en pupe : la glande lymphatique, l’organe de la seconde vague, éclate alors pour libérer les hémocytes dans le sang de la drosophile.

Dans la larve, les infections par des parasites, comme les guêpes, conduisent à une réaction immunitaire aigüe pour neutraliser l’agent pathogène. Quand la guêpe pond dans la larve de mouche, la glande lymphatique éclate plus précocement pour libérer les hémocytes et tuer les œufs de guêpe. Mais les modes d’action employés pour produire une réaction immunitaire efficace sont encore peu compris. Comment l’œuf de la guêpe arrive à stimuler à distance la glande lymphatique et à produire une réaction immunitaire adéquate ? Est-ce que les hémocytes provenant de l’embryon et qui sont en libre circulation dans la larve y sont impliqués ?

 

Dans cette étude, l’équipe d’Angela Giangrande a caractérisé une voie moléculaire qui permet aux hémocytes de la première vague d’envoyer un signal à la glande lymphatique. Ils ont également mis en évidence l’impact de cette signalisation sur la réponse immunitaire, en utilisant des guêpes pour infecter des animaux portant des hémocytes embryonnaires altérés. Ceci leur a permis de montrer qu’un mécanisme de communication est mis en place lors du développement des hémocytes de la première vague. Un gène appelé Gcm, impliqué dans le développement de ces hémocytes, régule également la mise en place de plusieurs éléments de ce mécanisme. Si l’expression de Gcm est inhibée, le développement des hémocytes de la première vague est altéré. Les hémocytes envoient alors un signal plus fort à la glande lymphatique, ce qui conduit à une réponse immunitaire exacerbée. Comme Gcm n’est exprimé que durant l’embryogénèse, cette molécule doit imprimer une mémoire aux hémocytes issus de la première vague et en dicter leur comportement à un stade bien plus tardif.

 

Ces résultats ont ainsi permis de caractériser un mécanisme de communication entre la première et la seconde vague de l’hématopoïèse tout en soulignant l’importance du développement précoce sur les fonctions tardives du système immunitaire. De plus, ils aident également à comprendre comment le système immunitaire est construit et fonctionne. Si ce mécanisme est conservé chez l’homme, cette étude peut également aider à comprendre comment un stress fœtal peut avoir un impact négatif à long terme après la naissance et conduire à des maladies immunitaires.

 

Cette étude a été financée par l’ANR, la Ligue régionale contre le cancer, les Hôpitaux de Strasbourg et l’ARC.

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